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FORMATIONS VERT D'AZUR ANTIBES

PAYSAGE - HORTICULTURE - EAU - VENTE

Vers une labellisation écologique de nos espaces végétalisés ?

La réflexion sur nos espaces végétalisés se poursuit. Une réunion organisée à ce sujet lundi 12 février 2018 et qui a réuni une vingtaine de personnes a permis de présenter et d’échanger sur deux thèmes :

-          L’inventaire d’une partie de la végétation de notre site.

-          La présentation d’un référentiel de labellisation écologique.

I°) L’INVENTAIRE DE LA VEGETATION.

L’inventaire réalisé depuis la rentrée scolaire 2017 jusqu’au 22/12/17 a pris en compte les types de végétaux suivants : feuillus, conifères, palmiers, arbustes, agrumes, autres fruitiers, « grandes vivaces » et « grandes Poacées.

Ce travail d’inventaire qui a pour objectif de faire un bilan sur un plan qualitatif et quantitatif  du patrimoine végétal de l’EPL d’ANTIBES devrait permettre d’ouvrir des perspectives sur l’évolution à moyen et long terme de la biodiversité et de satisfaire aux exigences d’une possible labellisation écologique de notre patrimoine végétal. Compte tenu de l’ampleur du travail, il ne prend en compte pour l’instant que les catégories de végétaux ci-dessus nommées. Si l’exploitation de ce travail venait à s’avérer constructive pour la valorisation de notre biodiversité, il sera alors utile de l’étendre à l’ensemble de la flore existante toujours dans le souci de satisfaire aux exigences de la labellisation mais surtout sur un plan pédagogique et environnemental afin de sensibiliser tous les publics, de leur influence positive sur l’équilibre des réseaux trophiques et du maintien de  la biodiversité animale nécessaire à l’affirmation de notre désir de continuer à placer notre site au cœur d’une transition environnementale nécessaire et inéluctable.

L’établissement d’une liste de végétaux venant renforcer notre palette actuelle à travers des campagnes de plantation budgétisées, peut se construire à partir des critères suivants via la mise en place de projets durables, concertés, fédérateurs et planifiés :

-Les exigences de la profession et la demande actuelle de la clientèle.

-Les besoins pour la mise en œuvre d’une politique de gestion durable de nos aménagements paysagers à travers des choix de végétaux exogènes mais adaptés ou acclimatés à notre climat et de plantes indigènes que nous ne possédons pas sur site.

-   Des choix plus subjectifs : végétaux remarquables ou rares par exemples…

-  Les besoins de la pédagogie, tant sur le plan pratique que théorique.

-La nécessité de faire en sorte que notre site soit « une pépinière durable et de référence ».

 

L’inventaire sera porté à la connaissance des intéressés (enseignants en travaux pratiques, en reconnaissance des végétaux, mais aussi à tous ceux qui veulent s’impliquer dans ce type de démarche), afin que soient définis des choix prioritaires d’espèces, à partir des critères développés ci-dessus. Il devrait aussi nous amener à valoriser les végétaux en faible quantité si nous prenons bien en compte « l’existant », et à diminuer l’utilisation de plantes très présentes compte tenu du fait que la surface utilisable est limitée et que nous nous devons aussi de la gérer de manière durable pour la rendre exploitable et valorisable par d’autres générations.

Il sera nécessaire de le mettre à jour régulièrement surtout dans l’hypothèse d’un renouvellement de la labellisation (3 années après son obtention), mais aussi pour conserver un outil pédagogique fonctionnel.

Ce travail a aussi permis de constater :

-    La disparition inévitable et progressive de certaines espèces en raison des pathologies actuelles.

-    La nécessité de mettre en valeur des plantes et des aménagements ne se situant pas dans des zones très fréquentées, mais aussi de revaloriser des zones actuellement impactées (jardinières du self par exemple).

-    La nécessité de gérer d’une manière plus collective et raisonnée notre domaine pour aboutir à l’établissement d’un plan de gestion de nos espaces végétalisés, critère important pour obtenir la labellisation et pour contribuer pédagogiquement à mieux appréhender un espace par nos apprenants. Espace au sein duquel ils sont les acteurs principaux.

-      La présence de végétaux invasifs.

-      La nécessité d’éliminer certaines souches en place pour pouvoir planter de nouveau.

-    Que pour certains végétaux emblématiques de notre site et de notre région, il serait souhaitable d’envisager une réflexion pour valoriser leur suivi et leur entretien respectif (Oliviers et agrumes).

-  Qu’il y a dans l’établissement des zones insuffisamment exploitées sur un plan pédagogique et patrimonial. La richesse de la biodiversité végétale qui y est présente doit être mieux connue.

-    Et que pour certains végétaux peu fréquents dans les jardins, voir rares, un étiquetage « durable » s’avère nécessaire.

 

La répartition des zones pour faciliter l’inventaire s’est construite de la manière suivante :

 

- Zone 1 : CFA et CFPPA.

-Zone 2 : aires pédagogiques, pinède, potager pédagogique, Aire de production maraichage, allée potager et aménagements contigus.

-  Zone 3 : allée des ateliers, gymnase et abords, salles verte et jaune, serre de collection et abords.

-  Zone 4 : cours, zone des trois anciens palmiers, monuments aux morts, self, amphithéâtre, palmeraie, jardins du Directeur, pinède.

-Zone 5 : entrée et allée principale, parking élèves et personnel, stade, allée des oliviers, zone fumeurs élèves.

-Zone 6 : Internat, Administration, parcelle agroforesterie, allée des orangers, exploitation, circulation partie basse de la pépinière.

 

L’inventaire de la végétation au mois de décembre 2017 par zone fait apparaitre les éléments :

 

Sur le site (d’une superficie d’environ 9.4 ha) se trouvent :

Types :

Espèces, variétés ou cultivars :

Feuillus

104

Conifères

44

Palmiers

13

Agrumes

11

Arbustes, grandes vivaces, grimpantes….

208

 

En l’état actuel, l’inventaire pour ce type de végétaux est incomplet. (Repos végétatif rendant la reconnaissance difficile, espèce non connue, espèce en cours d’identification, oubli… que l’on peut estimer à 5%). La toiture végétalisée du CFA-CFPPA n’est pas encore recensée également. Mais bien que partiel, ce sont quand même plus de 2150 végétaux qui ont été inventoriés et tous ceux qui ont été sollicités pour contribuer à leur identification sont sincèrement remerciés.

Le travail reste à affiner pour identifier avec plus de certitudes les espèces appartenant aux genres suivants : Euonymus, Cistus, Eucalyptus, Genista, Lonicera, Musa, Berberis, Rosa et Populus. L’aide et les conseils de chacun pour l’améliorer sont les bienvenues.

En ce qui concerne la parcelle agroforesterie, des éléments plus précis sur un plan variétal  sont aussi à disposition.

Sur un plan quantitatif, la répartition des végétaux par zone est la suivante :

- ZONE 1 (environ 15% de la surface du site) : 46% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

- ZONE 2 (environ 20% de la surface du site) : 20% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

- ZONE 3 (environ 12% de la surface du site) : 22% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

- ZONE 4 (environ 13% de la surface du site) : 49% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

- ZONE 5 (environ 15% de la surface du site) : 23% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

- ZONE 6 : (environ 25% de la surface du site) : 30% des espèces présentes sur le site de l’EPL et recensées à ce jour y figurent.

Afin d’envisager des campagnes de plantation permettant d’accroitre notre biodiversité, notre pédagogie et de préserver les espèces déjà existantes de manière durable, il serait opportun de convenir à partir de combien d’exemplaires les végétaux à grand développement sont suffisamment représentés sur le site d’une manière durable (3,5, 10…), tout comme pour les autres végétaux inventoriés dans ce document (15, 20, 25, 30…).

 

II°) PRESENTATION DU PROJET DE LABELLISATION DE NOS ESPACES AMENAGES.

Rechercher la labellisation écologique d’un jardin présente les avantages suivants:

-          Réduire les coûts de gestion des espaces végétalisés.

-          Favoriser la Connaissance.

-          Valoriser les savoir-faire actuels et futurs.

-          Satisfaire à des exigences environnementales et sociales.

-          Replacer le végétal au centre de nos préoccupations.

-          Formaliser tout ce qui se pratique déjà en ce sens, et les actions sont nombreuses.

-          Regrouper et mettre en valeur les actions individuelles passées et futures.

Mais la recherche de son obtention et de sa reconduction peut aussi générer des interrogations ou une interprétation exagérée des contraintes, qui ont été débattues lors de la réunion du lundi 12/02/18 citons entre autres :

-     La nécessité de recevoir l’adhésion de tous pour y arriver, à travers un projet qui se veut avant tout fédérateur et qui mettra en avant notre potentiel de projection et d’adaptation aux transitions écologiques qui apparaissent dans le jardin d’aujourd’hui et qui seront l’ossature de celui de demain.

-      Labelliser la totalité de notre site à l’exclusion des zones de production et des terrains de sport.

-        Assurer la préservation de nos missions et de notre particularisme nécessaires au bon fonctionnement de notre pédagogie de terrain.

-       Expliquer que la labellisation est avant tout une formalisation et que dans la plupart des situations professionnelles significatives que nous dispensons, le geste et l’esprit appartiennent déjà aux acquis.

L’obtention d’une labellisation écologique de nos aménagements paysagers passe par l’établissement d’un plan de gestion et d’une évaluation concertée des 7 domaines suivants :

-          LA PLANIFICATION ET L’INTEGRATION DU SITE.

-          LES SOLS.

-          L’EAU.

-          LA FAUNE ET LA FLORE.

-          LES MATERIAUX, MOBILIERS, MATERIELS ET ENGINS.

-          LA FORMATION.

-          LE PUBLIC.

Le label ECOJARDIN : référentiel de gestion écologique des espaces verts (Plante & Cité), Contact : Maison du végétal, 26 rue Jean Dixmers 49066 Angers, contact(at)plante-et-cite.fr, www.label-ecojardin.fr, semble présenter compte tenu de sa destination, de la présence de grilles d’évaluation, d’explications et de documents annexes, un label de qualité auquel nous pouvons prétendre. Ce Label existe depuis 2012 et a attiré très tôt l’attention de collectivités visionnaires (environ 330 jardins labellisés, plus de 50 établissements agricoles adhérents en 2017, la répartition est nationale, fortement marquée en région parisienne, mais aussi sur la région Lyonnaise, Marseillaise, Bordelaise, Rennaise et depuis 2017 les jardins du Monastère de Cimiez à Nice ont aussi reçu ce Label.).

Les contacts pris auprès de cet organisme, ainsi qu’auprès d’un grand EPL labellisé de la région lyonnaise montre bien que le particularisme d’un établissement public à vocation pédagogique sera bien pris en compte par les acteurs décisionnaires de l’obtention de ce label.

La procédure de labellisation s’architecture auprès de trois organismes et se concrétise après un audit :

-    Plantes & Cité, propriétaire du référentiel et des grilles d’évaluation. Assure leur actualisation.

-        Natureparif pour la procédure d’inscription et l’accompagnement au label.

-       Des organismes auditeurs indépendants, évaluation des sites inscrits pour audit à travers des documents à collecter , à travers des grilles d’évaluation.

 

L’inscription se fait directement sur le site dédié au label (www.label-ecojardin.fr). Les grilles d’auto-évaluation fournies dans le référentiel sont le support des audits, et il y a trois niveaux de critères : essentiel, recommandé, facultatif, les deux derniers ont un rôle de bonus-malus.

Les sept critères essentiels portent sur les sols, l’eau, la faune et la flore ainsi que la formation. A partir de son obtention et durant les trois ans que durent la labellisation les plans de gestion des domaines concernés devront montrer notre capacité d’évolution et d’amélioration des points qui restent perfectibles sur un plan environnemental pour parvenir à un renouvellement du Label.

Le coût de la labellisation se situe autour des 700€. Il est entièrement reversé au cabinet qui réalise l’audit. Chaque année Plante&Cité organise une Rencontre Ecojardin en région parisienne pour valoriser le travail réalisé sur les sites labellisés.

Aucune décision n’a été prise durant la réunion du 12/12/18, car comme déjà évoqué ce projet se veut fédérateur et il n’y a pas de volonté de l’imposer. Des projets de travaux de groupe ont été évoqués pour travailler sur chaque domaine, et des informations régulières seront communiquées.

Si nous proposons notre candidature au Label ECOJARDIN entre le 01/04/18 et le 31/08/18, nous pourrons être auditionnés aux alentours du 15/10/18. Cela devrait permettre de réfléchir mûrement à ce choix, de répondre aux interrogations, aux doutes et de collecter les documents nécessaires à la constitution du dossier, même si l’audit sur site reste avant tout un élément déterminant.

Dans « Le livre des pensées » De la Rochefoucaud Doudeauville, philanthrope du début du XIXème siècle, a écrit :

« Le doute, s’il est de bonne foi, amène l’examen et l’examen la lumière ».

Après le temps de l’examen, il sera donc nécessaire de faire un choix et l’avis de chacun comptera, pour prendre une décision collective.

                                                                                  Philippe BELLIARD

                                                                                  Enseignant en Aménagements Paysagers

                                                                                  EPL d’ANTIBES.