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Shakespeare au féminin

avec les élèves de l’option théâtre

Pour la troisième année consécutive, les élèves de l’option théâtre ont participé au Festival Shakespeare Free Style, organisé au Centre Dramatique National de Nice, par Irina Brook, lors du Festival ShakeNice. Le dimanche 11 février 2018, ils ont ainsi eu le privilège de pouvoir investir le plateau de la grande salle Pierre Brasseur du Théâtre, pour y jouer une pièce conçue dans le cadre de l’optionconduite conjointement par Pierre Blain, comédien et metteur en scène professionnel et Agnès Laurens, professeur d’Education Socio-Culturelle.

Une création autour de figures féminines shakespeariennes au caractère bien trempé, prêtes à en découdre pour ne pas se soumettre aux diktats de la gente masculine, pères, époux, soupirants. De Juliette et sa Nourrice dans Roméo et Juliette aux« amoureuses » du Songe d’une nuit d’été, Hermia et Héléna,en passant par CatharinadansLa Mégère apprivoisée et Béatrice dans Beaucoup de bruit pour rien, toutes affichent une vivacité et une impertinence qui donnent à la pièce un rythme enjoué.

Des hommes, réunis en un chœur et vêtus de longues capes noires, le visage dissimulé sous une profonde capuche, s’apprêtent à rendre leur sentence. Egée, Bénédict, Petruchio, et Capulet sont sous la houlette de Thésée qui mène les débats. Ce chœur des juges appelle tour à tour chacune de ces femmes « rebelles » qui ont osé adopter une attitude transgressive et s’opposer à la norme sociale de leur époque. « Affaire Hermia ! », « Affaire….etc ». Elles sont accusées, elles se défendent à l’aide du verbe mais aussi de leurs corps qui parlent, qui crient, qui dénoncent. Des joutes oratoires, parfois même physiques, s’engagent avec les personnages masculins. Shakespeare lui même est convoqué « à la barre des accusés » pour « troubles à l’ordre public ». Personnage énigmatique, l’auteur semble serein, face à ses personnages masculins qui demandent des comptes à ses personnages féminins. Dans cet univers binaire, le personnage de Dame Capulet, la mère de Juliette est bien singulier et nous rappelle que le dessein du dramaturge n’est sans doute pas de promouvoir la cause des femmes, et qu’il serait exagéré de parler à ce propos de théâtre engagé pour une cause « féministe ». Il reste que le discours shakespearien leur est souvent favorable, si on le compare au contexte de l’époque. S’il montre le pouvoir des hommes, ce n’est pas parce qu’il le défend.  Il met à mal les stéréotypes, et c’est sans ambages, qu’il présente la misogynie comme une pathologie. Il transgresse aussi les codes tout comme le font ses personnages. 

Un spectacle aussi sérieux que joyeux, dans lequel, des filles et des garçons ont trouvé pleinement leur place, réunis par le plaisir du jeu et la délectation d’entrevoir avec leurs yeux d’adolescents le génie d’un auteur éternel. Ce projet qui les a amenés à réfléchir au contexte et aux mentalités d’une époque, à se familiariser avec des dialogues largement puisés dans le texte shakespearien, demeure néanmoins une création engagée en faveur de l’égalité homme- femme. En effet, la récente libération de la parole des femmes à la suite de l'affaire Weinstein, montre que cette thématique est toujours d’actualité. De ce fait, notre création, semble faire écho à cette kyrielle de témoignages qui dit la souffrance des femmes. Autrement dit, notre projet nous rappelle à l’envi, combien le théâtre demeure un art en phase avec la société de son temps, tantôt critique, tantôt visionnaire, mais toujours un spectacle complet, vivant, dont l’ambition est peut-être, tout simplement, de rétablir l’harmonie originelle vantée par les grecs. C’est cette quête même qui constitue pour nos jeunes un parcours initiatique et une formidable école de la vie.

 

C’est non sans fierté que les jeunes comédiens ont reçu, des mains d’Irina Brook, Shakespeare au fémininà l’issue de cette après-midi magique partagée avec des élèves d’autres établissements, le prix du jeu et de la diction.

 

 

Agnès LAURENS

 

Bénédict, Arnaud BERTRAND (Seconde B), Shakespeare, Noémie SUARDi (1ère Pro AM), Hermia, Diane PINTO, Egée, Quentin BAURET (1ère Pro PH), Juliette 2,Lucille DI ZANNI, Capulet, Vincent POREE (1ère STAV), Béatrice, Mélanie LEDAIN(1ère S), Petrucchio, Frédéric VERGNE, Dame Capulet, Elise DUHOT, Héléna, Adeline CARON,La Nourrice, Fanny DE PROOST (Terminale S), Thésée, Romain ODDOUX, Juliette 1,Clara BOTTERO, Catharina, Loreena BRANCALEONI (Terminale STAV) et au violon, Viane FAVENNEC (1ère S)

                                                                                                         Voir la vidéo